12.01.2006
Le soleil n'y est pour rien
En regardant le monde comme il va pas bien, je me dis qu'il ne peut y avoir qu'un basculement de la pensée, dans l'avenir. Je veux dire : la mutation d'idées sclérosées en dynamiques résolues. A-t-on jamais, dans l'histoire, ressenti que la fin de l'espèce humaine était proche, comme nous pouvons le penser en ce moment ? Les grandes civilisations égyptiennes, maya, aztèques ont-elles eu la conscience de leur prochaine disparition et si oui, ont-elles tenté quoi que ce soit ?
Pessimiste pour pessimiste, continuons : je considère, non seulement, que nous avons appuyé sur le mécanisme d'auto-destruction de la civilisation en mettant en oeuvre cette énorme bombe qu'est l'AGCS (Accord Généralisé pour le Commerce des Services, pendant mondial de la directive Bolkestein en Europe.) Commercialiser les services aux personnes, c'est commercialiser le rapport même entre les humains. A quoi bon se tourner vers les autres en ce cas ? Mais il y a pire : les atteintes massives, caractérisées et répétées à notre biosphère, à notre planète, décrémentent chaque année le compte à rebours de notre extinction.
Je ne parviens pas à me figurer pourquoi nous n'avons toujours pas correctement développé le covoiturage, le fret par rail, abandonné toute énergie fossile, stoppé la déforestation systématique, l'emploi massif de produits chimiques nocifs pour toutes les espèces (y compris la nôtre). Des idées simples qui demandent courage et détermination. Et qui, surtout, voilà la grand Rubicon, impliquent de se défaire d'une vision financière de l'espèce humaine.
Je m'aperçois en écrivant celà, que je touche à l'essence de l'homme, à son sens permanent de la compétition et de la convoitise. J'ai bien appris, pendant mes cours d'économie, en terminale, que la civilisation était la seule alternative à l'extinction prématurée de l'espèce et qu'un état Keynésien (c'était en '88) garantissait la survie économique du plus grand nombre au sein de la communauté. Le neo-libéralisme était déjà planté dans les esprits de tous, mon prof devait le savoir mieux que toutes les petites têtes assises en face de lui. M. Bruno (c'est son nom) a aussi planté des graines dans nos cerveaux.
Le libéralisme, c'est l'étape ultime avant la jungle, il ne peut pas y avoir de doute. Sous prétexte d'être libre (de tout acheter, de tout vendre, de tout monnayer, et d'écraser tout le monde), les adeptes de la doctrine finissent par déliter toute l'organisation humaine, le contrat social et le respect entre les hommes. Quand l'argent sera le dernier Dieu survivant, nous n'aurons plus qu'à nous entretuer en son nom.
Je confirme : pour l'extinction de notre race, le soleil n'y est pour rien.
07:00 Publié dans Idées décidées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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