04.02.2006
Les impôts nécessaires
Depuis la première investiture de Chirac (en 1995), on ne parle plus que de baisser les impôts sur le revenu. Même si la perspective de verser moins d'argent au Trésor Public peut donner du baume au coeur, c'est une monumentale connerie.
Je ne suis pas particulièrement attaché aux impôts indirects, tels que la TVA, qui touchent la population sans distinction de moyens. Je suis même plutôt contre, pour tout dire, et considère que c 'est un frein direct à la consommation donc à la croissance. Mais là n'est pas l'endroit pour en débattre.
Par contre, il est parfaitement inconscient et irresponsable de prôner la baisse de l'impôt sur le revenu. L'argent collecté sert les intérêts de la nation toute entière àtravers des services publics essentiels au bien de tous. Ecoles, hôpitaux, services sociaux fonctionnent grâce aux impôts sur le revenu. Si on diminue les entrées d'argent, on doit diminuer les services rendus. C'est d'ailleurs - oh funérailles ! - ce qu'ont fait les gouvernements de droite successifs depuis dix ans. Le transfert des charges aux collectivités territoriales n'arrangera rien. On tranfère avec les responsabilités qui appartiennent à l'Etat. Certains m'ont déjà dit que c'était là une vision très jacobine du pays. Si c'est le cas, je revendique. Certains services rendus au public se doivent de grader leur unité territoriale sur la France entière et non pas devenir des parcelles inégales selon la région.
L'impôt sur le revenu doit perdurer, car il touche graduellement (en théorie) les foyers selon leurs moyens. D'ailleurs, j'en profite puisque c'est le sujet pour vous dire à quel point je souhaite la mise en place d'une ponction à la source qui diminuerait les niches fiscales et les astuces de certains pour échapper à leur devoir d'effort national.
Le libéralisme se targue d'être le défenseur de la liberté, j'en appelle davantage à l'Egalité et à la Fraternité, quand il s'agit de prendre ses responsabilités de citoyen. Il faut se réjouir de payer des impôts sur le revenu.
07:00 Publié dans Idées décidées | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Baisse des impôts, je dirai plutôt transfert … voici les augmentations dans ma commune depuis 2003 :
Augmentation des impôts locaux :
2003
Taxes d'habitation :
commune + 24,07% département +7,32%
Taxes foncières :
commune + 24,26% département + 7,22% Région +1,67% Ordures : + 52%
2004
Taxes d'habitation :
commune + 1,49% département +10,06%
Taxes foncières :
commune + 1,37% département + 3,11% Région +1,64% Ordures : +3,29%
2005
Taxes d'habitation :
commune - 12,13% (j'ai récupéré une enfant à charge) département +4,42%
Taxes foncières :
commune + 1,86% département + 10,55% Région +12,90% Ordures : +4,46%
Et tout cela sans améliorer vraiment la vie quotidienne … On est coincé … sans parler des contrats qui différent d'une commune à l'autre où nous n'avons qu'à subir par exemple pour l'eau à 10 kms d'intervalle nous payons le quadruple pour une consommation légèrement moindre …
Ecrit par : Sar@h | 05.02.2006
Merci pour cette démonstration, chiffres à l'appui... Le transfert des charges fiscales aux collectivités est, à mes yeux, une décision politique vicieuse doublée d'une erreur monumentale. Si le projet à moyen/long terme est de transférer également l'éducation, la santé et les services publics administratifs aux territoriales, on s'expose à des disparités de traitement énormes. Qui induiront des mouvements démographiques importants vers les régions riches. Adieu le développement des zones peu peuplées en France.
Il faut se battre pour conserver des impositions nationales.
Ecrit par : Spaspiff | 07.02.2006
Le budget de fonctionnement des écoles primaires est à la charge des municipalités, celui des collèges du département et les lycées dépendent de la région.
D'une commune à l'autre, on note déjà des disparités. Certains élus de zones défavorisées mettent un point d'honneur à apporter des moyens à l'éducation d'autres non. C'est une question de personne avant tout.
Les disparités existent déjà et plus d'un élus aimeraient gérer l'école autrement que par le budget de fonctionnement !
Ecrit par : Sar@h | 07.02.2006
C'est l'Etat qui rémunère les profs donc qui écrit les programmes (plus ou moins bien le débat n'est pas là). Quand la région paiera les enseignants, elle dictera le contenu. C'est ce qu'il faut éviter.
Ecrit par : Spaspiff | 08.02.2006
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