03.02.2006

Homo Provisorus

Revenir sur la révocation du proviseur de Mende pouravoir évoqué son homosexualité sur son blog personnel. Il est très difficile de déméler le vrai de l'implicite mais le sujet soulève quelques interrogations sur la sphère privée et la fonction professionnelle.

La sanction de la commission disciplinaire évoque un manquement déontologique. Il faut questionner ce motif. Nous pouvons comprendre qu'il ne faut pas être homosexuel pour être proviseur de lycée ou qu'il ne faut pas communiquer son orientation sexuelle quand on détient une fonction administrative. Dans les deux cas, il ne me semble pas que l'homme concerné ait engagé le devoir de réserve auquel il est tenu de par sa fonction. L'homosexualité n'est plus un crime depuis 1981. Et personne ne se cache d'être hétérosexuel dans l'administration. Il n'a pas utilisé sa place dans l'établissement ou son influence auprès de ses collègues ou ses élèves pour inciter à une orientation sexuelle quelconque. Quelle faute lui reproche-t-on finalement ?

Le ministre de Robien a annoncé qu'il arrêtera prochainement une décision mieux proportionnée à la faute commise par ce fonctionnaire. Les choses sont claires. Il ne doit pas y avoir d'Homo Provisorus.

Commentaires

Ouais à se demander si on doit encore enseigner :
Liberté, égalité, fraternité …
Les enseignants sont-ils égaux ?
Ont-ils le droit de tenir un blog comme les autres ?
Ont-ils le droit de jouer aux jeux publicitaires ? sachant que les réglements mentionnent en dehors des vacances scolaires …
Ont-ils le droit aux vacances comme les autres ? puisque les tarifs augmentent du simple au quadruple parfois …
Etc.
N'auraient-ils qu'un seul droit celui de se faire traiter de fainéant ?

Ecrit par : Sar@h | 03.02.2006

Euh, un peu enflammée, là, sur le sujet ? Nan, je déconne !

Enseigner, c'est certainement le plus beau métier du monde. Donc le plus difficile. Etre enseignant/éducateur (c'est lié) demande une forme d'ascétisme moral qui disparaît à mesure que le respect de la fonction s'éteint dans l'esprit communautaire. Transmettre du savoir et du savoir-faire, c'est sacré, à mes yeux. Une rigueur intellectuelle est obligatoire dans ce métier. Et une conduite quasi-irréprochable.

Pourtant, ce n'est pas ce qu'on reproche au proviseur de Mende. Ce type est homo et on lui dit que c'est incompatible avec son poste de direction. Là se situe le débat. Il ne rend pas ses élèves homosexuels, il n'organise pas une gay-pride dans son établissement, il ne pince pas les fesses de son adjoint. Sa révocation est une forme définitive de discrimination sexuelle qui sent la naphtaline et la poussière des vieux esprits rouillés de l'Education Nationale.

Ecrit par : Spaspiff | 07.02.2006

Vous :
"Une rigueur intellectuelle est obligatoire dans ce métier. Et une conduite quasi-irréprochable."
Désolée mais à mes yeux elle l'est pour tout métier et pour tout citoyen.
Dans une vie avant, j'étais travailleuse sociale, j'ai toujours eu cet état d'esprit, mais je constate qu'un certain nombre de personnes s'accordent des passe-droits et je ne suis pas d'accord.
Je reconnais le droit au proviseur d'avoir un blog, d'exprimer son homosexualité. Je préfère confier mes enfants à quelqu'un de sain dans sa tête, qui assume sa sexualité qu'à d'autres qui semblent plus dans la norme mais qui ne le sont pas. Comme des élus plus souvent dans leur mairie que dans leur collège …
Aux dernières nouvelles, le proviseur aurait une suspension d'un an dont 6 mois avec sursis.

Par ailleurs, j'apprends à mes élèves que l'on peut faire des erreurs et à les reconnaître. Il m'est arrivée de punir injustement un élève pour avoir siffler en classe, l'enfant a fait sa punition mais la maman est venue m'expliquer qu'il ne savait pas siffler et que c'était son voisin de derrière, la fois suivante je savais qui punir ! et j'ai pu m'excuser auprès du premier injustement puni.
L'an passé l'un de mes drôles l'avait pariculièrement compris et quand il se faisait prendre, il avouait tout en argumentant auprès des copains : "Vaut mieux le dire"
Combien d'adultes reconnaissent leurs erreurs ?

Ecrit par : Sar@h | 07.02.2006

Euh, on ne se tutoie plus ?

Quand je parle de rigueur dans le métier d'enseignant, bien sûr qu'il en faut aussi ailleurs mais je considère que transmettre du savoir demande une honnêteté morale au dessus de la moyenne. C'est d'ailleurs ce dont tu parles après, avec le fait de reconnaître ses erreurs.

Pour le proviseur incriminé, je ne peux me réjouir malgré l'"allègement" de la sanction. Il reste sanctionné pour une faute qui n'existe pas.

Ecrit par : Spaspiff | 08.02.2006

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