07.02.2006

Le souffle de l'invisible

Aujourd'hui, "il y a du brouillard givrant sur tout le Sud-Ouest" a dit Joël Collado quand Pascal Paoli lui a dit : "Quel temps fait-il, aujourd'hui, Joël Collado ?" Y'a pas à dire, France Inter, c'est palpitant à 7h00 du mat'. J'ai cessé d'aimer Paoli le jour où un auditeur, qui avait contourné le filtrage du standard, lui a posé la question sur ses activités extra-journalistiques : "Faire des ménages (c'est-à-dire animer des opérations commerciales), c'est considéré comme incompatible avec le métier de journaliste par votre ordre professionnel. Vous en pensez quoi ?" Et là, Paoli, qui se targue d'avoir souvent réponse à tout, il s'est pris les pieds dans le tapis de son studio de Radio France et, comme tous ceux qui ont des scrupules maquillés en certitudes, il a répondu à côté de la plaque avant de botter en touche dans les 22.

Donc, il y a du brouillard sur la campagne, ce matin. Ca me rappelle le film "Lancelot" à propos de la quête du Graal. Il y a une scène dans laquelle Merlin invoque les forces de la nature. Arrive alors le brouillard pour aider un personnage à traverser une vallée. La métaphore m'est restée depuis que je suis ado. Ce fut probablement le début de ma conversion à l'animisme. Je suis descendu au boulot, dans ma voiture entourée de brouillard, et je me demandais vers quel Graal ma journée m'emmenait. Le brouillard, c'est le souffle de l'invisible. C'est la respiration de la planète. Les plantes, le sol, respirent, comme nous, tout le temps. On l'oublie.

Mais aujourd'hui, on le voit. Et ça, c'est assez magique.

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