09.05.2007

Nicolas lâche les freins

Bon, il est élu. Avec une large majorité de suffrages. Le seul qui ait mieux fait -on nous l'a bassiné pendant de longues heures le 6 au soir- c'était Mongénéral. Okay dakodac. N'empêche.

A peine fraîchement promu, Nicolas a laissé libre court à sa nature prolétaire : repas au Fouquet's, suite présidentielle à 8500 euros la nuit (plus de 7 fois le SMIC !), vol en jet privé (25 000 euros l'heure de vol) et quelques jours sur un yacht de 60 mètres au large de l'île de Malte. Le moins qu'on puisse dire c'est que l'ambiguïté sur ses aspirations de chef de l'Etat est mince. Monsieur le premier d'entre-nous aime le luxe, il l'avait montré avec l'affaire de son appartement sur l'île de la Jatte, il le prouve dès qu'il a les clefs du pays.

Alors, oui, Nico a lâché les freins et, manque de bol, ça s'est su. Aujourd'hui, en réponse aux questions des journalistes -caustiques évidemment, on les connaît maintenant- il a annoncé que les français sauraient faire la part des choses. Je confirme : il aime l'argent, il a des potes friqués comme peu et son programme est de faire trimer les autres davantage. Chacun sa part des choses, donc.

Tout va bien. Bienvenue à Sarkoland. Cette rubrique lui est consacré.

A partir de maintenant, personne ne vous entendra crier.

Commentaires

Il aurait prit un steack&Go chez Hippotamus, et ensuite un studio chez Pierre&Vacances dans le finistère, en portant ses dossiers dans un sac Tati, ça serait mieux passé?

Vous êtes ridicules! Le premier chantier du nouveau président sera de réconcilier les français avec l'argent et la réussite! Pour construire ma vie, je n'ai pas jalousé les gens qui avaient de l'argent, je m'en suis inspiré, ma valeur: le travail! Plus ya de riches dans un pays, plus l'ensemble du pays s'enrichit! Si on empêche à quelques uns de s'enrichir, on apauvrit tout le monde, c'est la gauche qui aime tellement les pauvres, qu'elle en fabrique! Certes il y aura toujours des riches sous l'ère Sarko, mais il veut que tout le monde s'enrichisse, et quelle solution regardons chez les autres, ils travaillent tous plus que nous! Alors travaillons plus!

La gauche ne veut pas que les gens deviennent propriétaires, pourtant la propriété c'est bien le meilleur rampart contre la précarité, la gauche tolère la pauvreté à condition que tout le monde soit précaire! On tolère les retards à conditions que personne ne soit à l'heure! Vous êtes tristes!

L'argent, c'est émancipateur, c'est ce qu'il ya de plus démocratique, c'est la liberté! Un programme clairement affiché de droite remporte 53% des suffrages avec 85% de participation, vous êtes indécrottables!

Et de l'autre côté quand le couple Royal-Hollande, qui paie l'ISF, possède des villas, et chantent l'internationale, le point levé "debout les damnés de la terre, prolétaires de tout pays" là ça vous dérange pas!

Ecrit par : Toze | 10.05.2007

Toze, je t'aime ! Oh que oui, j'aimerais voir un président de la république ou un patron du CAC 40 manger au Courte Paille et dormir chez Mareva. J'aimerais que son costard coûte moins que cinq heures de SMIC. Mais, tu as raison, là n'est pas le véritable débat. Cette polémique, c'est le défouloir des perdants. La rancoeur du vaincu. Le fond est ailleurs, tu le dis toi-même, le fond du problème, c'est le rapport à l'argent.

Et puisqu'on en parle, la relation entre argent et réussite me dérange au plus haut point, peut-être même juste en dessous du racisme et de la xénophobie. L'argent n'est pas le vecteur de la réussite sociale, l'argent n'est pas la symbole de la valeur humaine -loin de là en fait- l'argent n'est qu'un moyen, un outil de survie. La sublimation de la valeur argent (et par extension de la valeur travail) est une déviance inéluctable de l'organisation économique ultra-capitaliste de la société.

D'ailleurs, je pose ici la question : si l'argent se gagne par le travail ("travailler plus pour gagner plus") pourquoi les investisseurs boursiers gagnent-ils de l'argent, eux ? Si on rémunère le risque et le prêt de capitaux, il faut cesser de faire croire que le travail est payé à sa juste valeur. Et, voilà maintenant, probablement, la principale divergence d'opinion entre toi et moi sur le sujet : pourquoi devons-nous travailler plus quand il faudrait simplement revaloriser le travail que nous produisons déjà ? Où vont les dividendes de notre production actuelle ? Pourquoi, subitement, devons-nous travailler davantage pour créer de la croissance et -prétendument- du travail pour les chômeurs quand des sommes affolantes sont partagées par les dirigeants des grands groupes ?

Bon, Toze, merci de m'avoir fourni l'occasion de préciser ces quelques points. Et puis, j'espère bien que tu continueras le débat sous cette note ou sur mon blog...

Ecrit par : Spaspiff | 11.05.2007

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