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10.12.2008

Le clan du néon

Un groupe d'activistes écolos fait des raids dans les centres commerciaux pour, à l'aide d'une perche artisanale, éteindre les néons des devantures qui luisent toute la nuit pour rien. Ils ont réalisé un premier film qui tourne sur le net :

Dans son traité fondateur, le Clan du néon explique que "ces néons consomment une quantité importante d'énergie" et qu'au-delà du gaspillage "ils engendrent une double pollution, celle pour produire l'électricité mais aussi celle, lumineuse, qui nous empêche de voir les étoiles…". 


Depuis un an, le phénomène a explosé. Partout en France, des groupes reprennent l’initiative et éteignent les enseignes commerciales la nuit, de Paris à Rennes en passant par Vitré.

Franchement, je suis pour à 200%. Pourvu qu'on en voie un par ici...

09.12.2008

L'oreille de Nicolas

Nicolas Sarkozy l'avait dit : il sera à l'écoute des français. D'ailleurs, l'ambiance était déjà claire lors des précédents gouvernements. Qui a oublié que nous étions invités à dénoncer les immigrés qui habitaient dans nos immeubles ? Les méthodes utilisées par la police pour rafler les sans-papiers dans les café et devant les écoles ne laissent non plus aucun doute sur le "logiciel" - comme on dit maintenant - du gouvernement et, en particulier, des services de Brice Hortefeux.

Depuis quelques mois, maintenant, des témoignages remontent de personnels de services publics qui ont droit à une convocation ou une enquête administrative parce qu'un usager a écrit directement à l'Elysée pour les dénoncer.

 

Quelques exemples :

- Dénonciation d'une enseignante pour avoir affiché le portrait du président de façon inadaptée

- Dans l'académie de Toulouse, une enseignante a été convoquée à l'Inspection Académique pour expliquer des paroles qu'elle avait tenue à des lycéens un jour de grève.

08.12.2008

Un amendement scandaleux au profit des plus riches [MAJ]

"Le rapporteur général du budget au Sénat, Philippe Marini (UMP), qui est proche de l'Elysée, va proposer lundi 8 décembre un amendement qui vise à rendre partiellement déductibles de l'impôt sur le revenu les pertes boursières de 2008. La disposition a été imaginée «en concertation» avec le ministère des finances. La mesure est aussi farfelue que scandaleuse. Aucun gouvernement au monde n'a pris une mesure aussi choquante. En d'autres temps, on aurait parlé d'une politique de classe." (information rapportée par MediaPart)

Deux réflexions outre la colère :

  1. Tous les prétextes sont bons pour favoriser les nantis dans notre pays. La désinvolture de ce pouvoir en place et l'applomb de nos dirigeants sont une honte.
  2. Où sont les vrais journalistes quand il s'agit de relayer une véritable information populaire ? Le silence coupable des médias traine notre pays dans la boue du totalitarisme.

[maj] Finalement, l'affaire a fait grand bruit toute la journée, à tel point que le sénateur Marini s'est énervé sur France-Info à 8h45 et que le gouvernement a été obligé de préciser qu'il ne soutenait pas la proposition d'amendement. On a bien essayé de nous faire gober que c'était pour dédommager les "gentils grand-pères obligés de vendre leurs actions" et que le plafond de 25 000 € de l'amendement réduirait les risques de dédommager les gros porteurs. Roger Karoutchi, porte-parole du groupe UMP à l'assemblée a également eu du mal à justifier une telle proposition quand rien n'est fait, dans le plan de relance, pour revaloriser directement les salaires.

02.12.2008

Quelque chose qui luit dans le noir

Dans l'obscurité des coups qui pleuvent et dans le fracas d'un système qui se fissure, dans les idées noires et les perspectives sombres

Il y a quelque chose qui luit dans le noir.

Longtemps, on nous a dit que l'Histoire était finie

Longtemps, on nous a dit que le capitalisme était la solution

Depuis longtemps, on enferme les poètes dans des prisons de verre

Maintenant,

Il y a quelque chose qui luit dans le noir.

Quand le livre brûle,

Quand les verrous sautent,

Quand les loups hurlent à la mort,

Il est temps de reprendre le crayon

Sous la lumière du faible espoir,

Il y a toujours quelque chose qui luit dans le noir.

01.12.2008

Je vais trop vite

Après quelques échanges de grenaille nourris avec les petits bas de plafond de ce site, l'un des blogueurs, convoqué par les autres pour formuler une critique construite, a finalement tapé au bon endroit en toute connaissance de cause : l'ego. Selon lui, ce n'est que sous la direction de mon "égo boursouflé" que je tente de m'opposer au discours homophobe et phallocrate des adeptes de la droite extrême.

Si la critique ne me touche pas venant de citoyens qui parasitent la République en siphonant sa liberté d'expression pour déverser leur bile raciste, le questionnement reste entier. Ainsi, j'ai un ego surdimensionné. C'est probable. Du moins, j'aimerais l'analyser ainsi : de l'extérieur, ça en a tout l'air. Mais la problématique est, je crois, toute autre. Ce que nous appelons boursouflure de l'ego est souvent la manifestation de l'ambition ou d'un complexe d'infériorité qui s'exprime par la volonté de maîtriser son environnement. Donc par une accumulation exacerbée du maximum de savoir et la peur d'être "sec" en société ou professionnellement.

Et là, c'est dans le mille. Autant, je ne me reconnais pas dans la critique d'un ego trop grand, ce qui signifierait que je me crois "supérieur" à mes semblables, autant je reconnais les travers d'une ambition trop vive et les stigmates d'un complexe d'infériorité ponctuellement ravivé. La critique est récidivante. Je vois bien, professionnellement, que je me heurte à des sensibilités froissées et l'éclairage apporté en début de carrière par un chef de service qui savait de quoi il parlait en matière d'ambition ne cesse de me coller à la peau : je vais trop vite.

Ce défaut, qui pourrait ne pas en être un, est, lui-même, insolent dans son énoncé. Vous pourriez comprendre : je suis trop rapide pour vous; alors qu'il faudrait entendre : je ne prends pas le temps nécessaire pour ménager toutes les compétences. Combien de fois ai-je initié, dégrossi, structuré, mené, satellisé un projet professionnel utile autour de moi sans prendre garde aux susceptibilités de mes collègues. Je me sens l'âme d'un meneur depuis la fin de ma scolarité mais il est maintenant évident que je ne suis pas un meneur d'homme : je suis certainement voué à tracer seul dans mon carré. Et cette solitude avérée (je n'étais pas populaire à l'école et je ne le suis toujours pas au travail) vient de ma volonté de débroussailler le terrain qui m'entoure. Tout le temps. Je veux éclaircir mon pré tout le temps. Longtemps, j'ai cru que j'avais un destin, non pas grandiose de rock star ou d'homme politique, mais un destin d'éclaireur, de ceux qui font avancer la raison et la connaissance. Je sais maintenant que le monde est renonciation et renoncements.

Je "vois" des choses à entreprendre, des domaines à agrandir, des routes à ouvrir pour notre civilisation. Je "sens" ce que pourrait être demain, non pas techniquement mais moralement, humainement, ethniquement. Je sais que je n'ai pas choisi le bon milieu, enfermé intellectuellement dans un univers professionnel qui devrait pousser les murs mais qui m'étouffe par son anémie et son anomie. Je suis enquisté par ma peur de remettre en cause mon confort professionnel et ma garantie de salaire (bien modeste au demeurant). J'ai 36 ans, c'est le moment, le temps file, je suis dans la période de l'action, j'ai peur de manquer mon tour, j'ai peur de rater ma chance, je suis comme vous tous mais je ne peux me résoudre à attendre qu'on veuille bien démarrer autour de moi.

Alors, je vais trop vite.

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