20.11.2008

L'oeil rouge de Xavier

uaf ! Je reprends le fil de ce blog après plus d'un an de sieste mais c'est pour la bon cause et, surtout, pour vous parler d'un épiphénomène qui, à mon sens, traduit mieux l'ambiance actuelle dans les couloirs de la rue de Grenelle que n'importe quel journal délicieux de Laurence Ferrari.XD.jpg

Donc, il s'agit des deux appels d'offre du Ministère de l'EducNat pour faire de la veille d'opinion. C'est presque poétique comme libellé. De la veille d'opinion, c'est plus ou moins facile que la veille sanitaire ? Parce que les gars de la veille sanitaire, à la canicule de 2003, ils en ont pris pour leur grade. Alors je préviens les institut qui sont intéressés par la "veille d'opinion" à l'Education Nationale, ça risque de ne pas être facile et de tout repos. Mais oui, qui va lire les kilomètres de prose que des enseignants teigneux déroulent dans la sphère ? Est-ce que les candidats à l'analyse ont le Doliprane et le Prozac gratuits ? J'en connais, moi, des profs. Il mettent le temps (un peu comme ma tante Micheline) mais quand ça démarre, un certifié de littérature moderne ou de philo ou de méca ou de physique quantique, ça peut faire des dégats, neurologiques, physiques, moraux et tout. Et alors, essayez donc de rattraper votre prof de chimie quand il court avec un plein flacon de nitro en direction du rectorat...

Blague à part, ces appels d'offre du ministère démontrent tout de même deux choses dans le contexte actuel du mécontement social :

  1. S'il faut surveiller ce qui se dit chez les enseignants et, surtout, car c'est là le coeur de l'appel d'offre, l'influence d'eventuels leaders d'opinion, c'est qu'on craint un sérieux remous dans les prochains mois; ce qui m'amène à parler de la suite;
  2. Si on veut surveiller tout à coup la réaction d'une profession, c'est qu'on s'apprête à taper dans la fourmilière en bottes cloutées.

Moralité, l'oeil moscovite de Xavier Darcos est principalement destiné à prendre gentiment la température dans le fondement des profs, dans un premier temps, puis de cibler les meneurs et leurs ouailles dans un second temps si l'orage éclate. Aujourd'hui justement, les syndicats appelaient à la grève. Sans même attendre les premiers relevés, Xavier Darcos, la bav aux lèvres, a jeté un dédain certain sur le mouvement qualifiant les syndicats de machine à contrer le changement. C'est une recette connue, expérimentée en première ligne par Raffarin et ses sbires en 2003, qui tente d'assomer les grévistes et inciter la colère chez des représentants syndicaux qui pourraient commettre alors un inadmissible faux pas. A l'heure où je publie, la mobilisation est entre 40% et 60% des personnels.

J'espère que le petit Xavier n'a pas oublié de faire ses devoirs et faire religieusement photographier tous ces traitres à la nation...

 

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Quelques ressources sur le sujet :

18.06.2007

Le Charlebois bordelais

Cher Alain,

J'ai appris ta défaite, hier, avec une petite pointe de plaisir au coin de la bouche. Non que je me réjouisse de l'affront fait à un homme qui a voué son destin à son pays, mais je sais maintenant que tu profiteras de ces vacances que tes électeurs t'ont données pour revoir les contrées verdoyantes du Québec qui te fut si accueillant.

Aussi, puisque je dois partir prochainement pour visiter nos lointains cousins, je te propose de venir avec moi. Seulement, il faudra te faire tout petit car je n'ai de place que dans mon sac de cabine. En effet, je me suis saigné un peu pour prendre mes places (il faut dire que mon salaire n'a pas évolué depuis que tu étais premier M) et je ne peux pas t'offrir davantage.

En attendant ta réponse, je te propose de lire les paroles de Robert C. qui, comme toi, retournera à Montréal. D'ailleurs, ses vers ne sont pas sans avoir un écho certain avec ta situation actuelle. A croire qu'il a été, lui aussi, séché par ses admirateurs...

"Je reviendrai à Montréal
Dans un grand Bœing bleu de mer
J'ai besoin de revoir l'hiver
Et ses aurores boréales

J'ai besoin de cette lumière
Descendue droit du Labrador
Et qui fait neiger sur l'hiver
Des roses bleues, des roses d'or

Dans le silence de l'hiver
Je veux revoir ce lac étrange
Entre le crystal et le verre
Où viennent se poser des anges

Je reviendrai à Montréal
Ecouter le vent de la mer
Se briser comme un grand cheval
Sur les remparts blancs de l'hiver

Je veux revoir le long désert
Des rues qui n'en finissent pas
Qui vont jusqu'au bout de l'hiver
Sans qu'il y ait trace de pas

J'ai besoin de sentir le froid
Mourir au fond de chaque pierre
Et rejaillir au bord des toits
Comme des glaçons de bonbons clairs

Je reviendrai à Montréal
Dans un grand Bœing bleu de mer
Je reviendrai à Montréal
Me marier avec l'hiver
Me marier avec l'hiver"

14.06.2007

Quand les médias sont absents

Encore une vidéo de Sarkozy. Cette fois-ci, elle a été tournée en caméra cachée lors de l'entretien que les jeunes de banlieue ont eue avec Sarko, alors ministre de l'intérieur. Ça parle tout seul... Quand les caméras publiques sont absentes, le camembert en chef laisse s'exprimer sa vraie nature.